Amicalement vôtre
Posté par NicoBalazard le 23/09/2016 dans Séries TV • 26 424 vues • Aucun commentaire
Voici le temps d’évoquer une autre série culte qui ne date pas d’hier, après Le Prisonnier, Chapeau Melon ou encore Ma Sorcière bien aimée. Je veux parler d’Amicalement vôtre : l’histoire est celle de Brett Sinclair et Daniel Wilde, deux hommes riches et désœuvrés, que tout oppose a priori. Il y a l’aristo britannique, un lord sur plusieurs générations, londonien très cultivé, charismatique quand il parle, très à cheval sur les traditions de sa famille et aimant les belles voitures. Et de l’autre côté Danny Wilde, un homme d’affaire nouveau riche sorti des bas-fonds de New York.
Les deux hommes sont mis en contact via un ancien magistrat à la retraire qui a des comptes à régler avec la pègre locale. Cela va entraîner les deux hommes dans diverses missions dangereuses dans lesquelles ils devront collaborer pour s’en sortir et prouver leur valeur. La série jouait beaucoup sur les clichés des anglais et des américains dont Sinclair et Wilde étaient les parfaites illustrations. Une version plutôt rupin d’ailleurs.
Amicalement vôtre (The Persuaders en VO, littéralement « ceux qui persuadent ») n’a pas duré si longtemps puisque la série compte « seulement » 24 épisodes de cinquante minutes. Pourtant elle fait partie des séries anglaises cultes des années 70 ! En France elle était diffusée sur la deuxième chaîne de l’ORTF à partir de 1972.

Roger Moore et Tony Curtis incarnaient Sinclair et Wilde. Comme leur personnages les deux acteurs étaient diamétralement opposés, pourtant ils ont toujours dit qu’il régnait sur le plateau une franche camaraderie, les deux se respectant. Tony Curtis avait même déclaré qu’il n’imaginait pas faire cette série avec quelqu’un d’autre ayant beaucoup d’affection pour Roger Moore. Ce dernier reconnaissant qu’ils avaient de bonnes relations à la ville comme à l’écran, malgré qu’ils soient des hommes très différents ils partageaient un vrai sens de l’humour (pince sans rire, comme dans la série).
Pourtant derrière ce tableau idyllique il y eu quand même quelques incidents durant le tournage. Tony Curtis était très impétueux et a apparemment causé plusieurs problèmes. D’aucun prétendent que les deux acteurs s’étaient accrochés à cause de la conception de leur métier : Roger Moore était le bon élève très consciencieux toujours prêts à rejouer les scènes pour les améliorer ; alors que Tony Curtis était plutôt le sale gosse qui cherchait à les expédier le plus vite possible.

Roger Moore justement était très impliqué dans le tournage d’Amicalement vôtre, ce qui peut expliquer certaines tensions avec son collègue, il a réalisé plusieurs épisodes et dessiné les tenues qu’il porte dans la série.
La série se passe presque intégralement au Royaume-Uni à Londres, où se situe l’appartement de Lord Sinclair (pour les extérieurs). Les acteurs devaient y tourner le dimanche pour éviter un trop grand monde aux abords. Sinon tous les intérieurs étaient tourné aux fameux studios de cinéma de Pinewood dans la banlieue de Londres (là où se tournent les James Bond et Star Wars notamment). Notons également quelques épisodes tournés en France, à Paris et sur la côte d’azur, ainsi que quelques scènes dans le reste de l’Europe de Monaco à Rome en passant par Genève et Stockholm… En parlant du tournage français, il faut avouer que la représentation des français dans la série est assez peu flatteuse pour nous avec beaucoup de clichés – d’un autre côté c’était le carburant de la série qui ironisait sur les anglais et les américains.

Il faut savoir que Amicalement vôtre – qui a toujours bien fonctionné en Europe – a été un échec aux États-Unis où le public lui préférait Mission Impossible diffusé au même moment. C’est pour cette raison (les américains étant les principaux financiers), et parce que Roger Moore allait être le nouveau James Bond, que la série s’arrêta au bout d’une seule saison. Et également le fait que la production voulait réduire les coûts en tournant exclusivement en studio, ce que les acteurs ne voulaient pas.
Ce qui marque surtout dans cette série c’est son aspect très second degré : l’humour british de Roger Moore contrebalancé par les pitreries de Tony Curtis qui assurait le spectacle, tout ça mâtiné d’espionnage. J’aimais beaucoup ces éléments dans la série qui me rappelle un peu Chapeau Melon même si le rythme était différent.
Enfin un mot sur le célèbre thème du générique signé par le compositeur John Barry (qui a composé pour un grand nombre de James Bond) que vous allez pouvoir retrouver ci-dessous. Vous aimiez Amicalement vôtre ? Partagez avec nous vos souvenirs de la série en commentaire.
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