La folie des grandeurs

Film de Gérard Oury, librement inspiré de Ruy Blas de Victor Hugo, la Folie des Grandeurs sort en 1971 et réunit un tandem inattendu : Louis de Funès et Yves Montand.
Don Salluste, ministre du Roi d’Espagne, est un homme cupide et fourbe qui collecte ses impôts lui-même effectuant divers détournements au détriment de la population. Honni par ses sujets, il l’est tout autant par la Reine qui, par une machination, parvient à le chasser de la cour.
Furieux autant qu’effrayé « Qu’est-ce que je vais devenir ? Je suis ministre, je ne sais rien faire ! » Don Salluste décide de s’en remettre à son neveu, César. Il lui propose de s’associer à lui, pour perdre la Reine, en la séduisant. César ayant décliné l’offre, Don Salluste se tourne alors vers son propre valet, Blaze (Yves Montand), qu’il décide de faire passer pour César.
Le jour de sa présentation à la cour, Blaze surprend des conspirateurs et parvient à sauver le roi d’un attentat. Devenant à son tour ministre il suggère au roi de taxer les nobles et non plus les pauvres ce qui lui vaut l’inimitié des Grands d’Espagne, décidés à l’éliminer. Sauvé d’un empoisonnement par Don Salluste, il tente de conquérir la souveraine, mais par un malheureux concours de circonstances déclare son amour à la terrible duègne (Alice Sapritch) qui le pourchassera jusque dans le désert, quand il sera devenu un simple esclave, livré aux Barbaresques.
Une petite réplique pour vous :
Don Salluste : Eh ben en tout cas, on ne va pas moisir ici. J’ai un petit plan pour tous nous évader. Nous rentrons à Madrid, nous conspirons, le Roi répudie la Reine, la vieille épouse le perroquet, César devient Roi, je l’épouse et me voilà Reine !
Et pour finir, voici la fameuse scène du bain, à consommer sans modération :
Le saviez-vous ?
Les difficultés ayant préfiguré au tournage étaient si nombreuses que le film aurait bien pu ne pas exister. D’abord prévu pour Bourvil, mort en 1970, le rôle a finalement été dévolu à Yves Montand, mais compte tenu des différences entre les deux personnalités, il a dû être réécrit en conséquence. D’autre part, la timidité paralysait quelque peu Louis de Funès en face de Montand, l’acteur de Costa Gavras. Comme il le reconnaissait d’ailleurs « Il (Montand) a eu l’intelligence de venir me voir. Moi je n’aurais pas fait un pas, je n’osais pas ». Pour finir, Montand, farouche opposant au franquisme et à la peine de mort avait posé une condition pour sa participation au film : si le procès d’activistes de l’ETA, débuté à Madrid en 70 s’achevait par une condamnation à la peine de mort, il ne mettrait pas un pied en Espagne. Condamnés à mort, les accusés seront finalement graciés et le film sauvé.
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