Sur un arbre perché

Sorti en 1971, Sur un arbre perché est, avec l’Homme orchestre un des films les moins populaires de Louis de Funès. D’après Serge Korber, réalisateur du film, « L’homme orchestre et Sur un arbre perché sont les deux films de Louis de Funès qui marchent le moins bien parce que les gens ne retrouvent pas leur comique ».
Dans Sur un arbre perché, Louis de Funès incarne un promoteur français, Henri Roubier, venant de conclure un accord avec un italien lui assurant la mainmise sur le marché européen des autoroutes. Tout à son succès, Henri reprend la route pour rentrer chez lui, le cœur léger. Son bonheur est de courte durée puisque, pris dans un embouteillage causé par une grève de routiers sur la route de Cassis, il se retrouve dans l’incapacité de refuser à deux autostoppeurs (Olivier de Funès, Géraldine Chaplin) de monter à bord de sa voiture. D’entrée de jeu, les relations entre les trois protagonistes s’avèrent délicates, le jeune pris en stop étant un dangereux gauchiste prétendant « qu’il est interdit d’interdire » ce qui n’est pas du tout au goût d’Henri. Irrité, il donne un coup de volant et perd le contrôle de sa voiture qui fait une embardée et tombe dans le vide. Par miracle, elle atterrit sur un pin parasol, mais les trois passagers sont dorénavant en danger de mort. En effet, le moindre mouvement risque de faire basculer la voiture. Il s’agit donc pour rester en vie de trouver un équilibre, chose difficile en pratique quand on a envie de s’écharper.
Si Serge Korber considère que dans ce film le public ne reconnait pas son comique, c’est essentiellement en raison de la contrainte physique qui pesait sur le personnage d’Henri Roubier. Coincé dans une voiture, il lui était bien sûr impossible de gesticuler et de courir à droite à gauche comme à son habitude. Au contraire, il devait se contenir et faire évoluer son personnage dans une certaine immobilité afin de rendre crédible le scénario.
Film raté pour certains, Sur un arbre perché n’en demeure pas moins très distrayant grâce à certaines trouvailles qui permettent au spectateur de se poser la question « qu’aurais-je fait en pareil cas ? », autrement dit, de s’identifier. Ainsi, peut-on voir Louis de Funès actionner clandestinement l’essuie-glace (profitant du sommeil de ses deux passagers), afin de profiter seul des réserves en eau de la voiture. Par la suite, il aura la brillante idée d’appeler au secours un bateau usant de la réverbération du soleil sur un miroir. Cette nouvelle tentative aboutira malheureusement à l’explosion du navire…
On apprécie aussi dans ce film la présence de seconds rôles que l’on est toujours ravi de recroiser : Paul Préboist et Alice Sapritch. Tout au plus peut-on déplorer l’absence de Michel Galabru, absence qui nous laisse forcément un peu mélancoliques.
Mais dire que le film est raté, non, franchement, il ne faut pas exagérer. On vous fera des chroniques sur des films ratés, vous verrez ce que c’est.
Le saviez-vous ? Le tournage à Cassis s’est déroulé en l’absence de Louis de Funès. La réalisation de ce film pourtant mal récompensé a nécessité un déploiement de moyens pharaonique. Un pin parasol avait été installé à mi-hauteur de la falaise de Cassis, pin sur lequel avait été fixée une fausse voiture en polystyrène. Jouées par des cascadeurs en présence d’un hélicoptère en vol stationnaire, les scènes ont par la suite été rejouées en studio à Billancourt où étaient disposés des miroirs à 45 degrés afin de créer l’illusion d’avoir la mer à l’horizon. On notera aussi que le tournage ayant débuté peu après la mort de son ami Bourvil, Louis de Funès ne souhaitait pas se rendre à Cassis, de peur d’y croiser des journalistes désireux de recueillir ses impressions sur la disparition de son comparse du Corniaud.
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