L’étudiante décroche-t-elle finalement l’AGREG’ ?

C’est probablement la question cinématographique la plus débattue de ces trente dernières années.
Dans ce film sorti en 1988, (qui n’est assurément pas la suite de la Boum, gare aux confusions) Sophie Marceau incarne Valentine, une brillante étudiante en lettres classiques très à cheval sur les principes. Mais surtout, Valentine est une bûcheuse qui vise les sommets de la reconnaissance intellectuelle puisqu’elle veut obtenir l’agrégation.
On a beau lui avoir répété cent fois que l’année de l’agreg’ c’est « ceinture », Valentine tombe dans les filets d’un compositeur aussi maladroit que talentueux, Edouard, dit Ned, interprété par Vincent Lindon. Fort occupés par leurs emplois du temps respectifs, les amoureux ne cessent d’accumuler malentendus et rendez-vous manqués, passant plusieurs heures par jour au téléphone à s’interroger sur l’amour, le foie gras ou la musique. Pendant ce temps là, une chose est certaine : Valentine n’en fiche pas une rame et va même jusqu’à s’endormir en cours sous le regard médusé de son amie Céline (qui elle, c’est sûr, sera collée au concours).

De fil en aiguille nous voilà arrivés au jour J. Après un énième quiproquo Valentine a décidé de rompre définitivement avec Ned. Alors qu’elle pioche le sujet sur lequel elle devra défendre sa carrière (Amour et amour de soi dans le Misanthrope de Molière), Ned surgit dans les couloirs de la Sorbonne. Perturbée, Valentine présente le grand oral devant un jury admiratif. Quand elle aperçoit Ned dans l’amphithéâtre, tout s’accélère et s’embrouille, car c’est dorénavant au jeune homme qu’elle s’adresse et non plus aux membres du jury. Qu’à cela ne tienne, le jury d’agrégation – dont on sait qu’il est toujours très compréhensif en matière d’affaires de cœur – l’autorise à poursuivre son exposé. A la fin, Valentine et Ned s’enlacent devant la Sorbonne et la jeune femme laisse s’envoler toutes ses feuilles de brouillon.
Nous voilà arrivés à la question fatidique : Valentine obtient-elle ou non son agreg’ ? Puisque Claude Pinoteau a voulu nous laisser dans l’expectative, c’est à nous qu’il revient de trancher.
Si l’on tient compte du fait que Valentine a passé la moitié de ses nuits dans des motels de province ou pendue au téléphone, que durant les écrits elle a fait « LE contresens » dans sa version latine et qu’au moment de passer l’oral elle a tout simplement snobé le jury pour parler à son petit copain, la réponse est évidente. Oui, Valentine a obtenu son agreg’. Car une fois de plus, le milieu universitaire sait se faire complice des amoureux. En revanche, il n’aura aucune indulgence pour la petite Céline, fraîchement larguée par son ami et en proie à une violente crise de panique : il ne faut pas exagérer non plus.
Widget not in any sidebars
- Google +
- Wordpress




