La Petite Princesse

Comme la plupart d’entre vous, je passais mes fins des journées devant le dessin-animé Princesse Sarah avant de la délaisser plus grande pour son équivalente Normande, Sophie de Réan des Malheurs de Sophie.
Curieusement, je n’ai pas immédiatement fait le lien entre Princesse Sarah et sa version cinématographique, La Petite Princesse sorti en 1995 et réalisé par Alfonso Cuarón (Harry Potter le prisonnier d’Azkaban, Gravity…). J’ai découvert l’existence de cette adaptation avec une très belle bande-annonce présente dans mes VHS Club Famille (« VHS que vous reconnaîtrez à leur boîtier blanc avec votre ami Bugs Bunny dessus »). Ceux qui possèdent Sauvez Willy, Les Goonies, Poucelina en cassette vidéo comprendront la référence.

Inspiré directement du roman aux accents Dickensien de Frances Hodgson Burnett (également auteur du Jardin Secret), La Petite Princesse est un drame familial oscillant entre l’enchantement et la légèreté du dessin animé et le ton grave et dépressif du roman. On retrouve Sara Crew (le roman et le film ont amputé le « h »), son père, l’adorable Lottie, la fidèle Becky, la peste Lavinia et l’infâme Miss Minchin (Mangin) en chair et en os. L’Inde, la magie, la poupée et le médaillon inhérents à l’univers de Sara, sont également présents dans le film. L’histoire retrace fidèlement l’intrigue du roman et du dessin animé (avec plus de panache).
« Je crois que tu seras, et que tu resteras à jamais, ma petite princesse ». Portée par les mots de son papa, Sara Crew est toujours aussi attachante, sensible, pleine d’imagination, un chouia plus insolente et combattante que son avatar animé. Son parcours atypique en fait l’attraction du pensionnat New-Yorkais (il fallait bien délocaliser l’action aux Etats-Unis) rendant l’environnement moins austère, plus exotique. Séduite par le lyrisme de la nouvelle pensionnaire, Lottie la pleurnicharde en viendra même à sécher ses pleurs. Sara devient ainsi rapidement la cheftaine d’un petit groupe de rebelles, bravant l’interdit pour s’évader à travers des histoires de prince et de princesse indiens.

D’abord gâtée par la vie, l’argent et la générosité, Sara, « la petite princesse à son papa », se retrouvera brutalement arrachée à son confort à la suite de l’annonce de la mort de son père, troquant chaussures vernies contre des sabots. Ce brusque revirement de situation apparaît davantage sadique en version live. Seule la compagnie de Becky l’esclave de la maison et la vie intérieure de Sara lui permettront de survivre à sa condition déshonorante ainsi qu’à ses différentes confrontations avec la très ombrageuse Miss Minchin (à noter le suspense assez intenable à chaque aller et venue de la directrice). Confrontations qui seront marquées par une formidable tirade de Sara : « Oui je suis une princesse, toutes les filles le sont, tant pis si elles ne sont ni belles, ni élégantes, elles seront toujours des princesses ». (oui, c’est un film adressé aux petites filles, mais les garçons peuvent apprécier).

La fin du film (que nous ne vous dévoileront pas mais qui est dans la bande-annonce…hum hum) est susceptible de nous arracher une larme.
Le film nous plonge dans une atmosphère baroque, du clair/obscur maîtrisé aux récits enchâssés, mêlant fiction et réalité. Esthétiquement magnifique avec des couleurs dorées, la caméra offre des mouvements audacieux (travelling) et élégants, rendant le film très agréable à regarder. La Petite Princesse est presque un avant-goût d’Harry Potter, et on comprend aisément que la Warner ait pensé à Alfonso Cuarón pour la réalisation du troisième opus de la saga. Patrick Doyle (compositeur de Cendrillon et d’Harry Potter et la Coupe de Feu) signe une musique onirique qui colle parfaitement à l’univers du film. Cette version avait été bien reçue par la critique et le public.
Et vous, aviez-vous également grandi avec l’adaptation cinématographique de Princesse Sara(h) ?
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