La Zizanie

La Zizanie film De Funes

En 1978, deux ans après le succès de l’Aile ou la cuisse, Claude Zidi propose à Louis de Funès de participer à un nouveau projet : la Zizanie.

Le héros de la Grande Vadrouille va déployer toute son énergie pour défendre un film dont les problématiques le touchent singulièrement. Si on connaît le Louis de Funès comique, on connait moins le discret horticulteur qui cultive son jardin à l’abri des regards et défend ardemment les produits naturels s’inscrivant comme un farouche opposant à l’industrie de masse et à la pollution.

A ce titre, le personnage dont il revêt ici le costume, Guillaume Daubray est son strict opposé. Maire d’une petite bourgade, cet industriel spécialisé dans la fabrication de machines dépolluantes est au bord de la faillite lorsqu’un groupe japonais lui passe une importante commande (3000 appareils !) capable de sauver son usine.

Guillaume est alors confronté à un problème : la production de ces appareils nécessite l’agrandissement de l’usine, agrandissement que le préfet vient de lui refuser. Guillaume est par conséquent obligé de faire avec les moyens du bord et installe les machines dans sa maison et, chose plus grave, dans le potager puis dans le jardin d’hiver de sa femme, Bernadette (Annie Girardot), horticultrice et véritable amoureuse de la nature. Cette installation inopinée a pour conséquence le massacre de l’intégralité de ses chères salades.

Furieuse, Bernadette rumine une vengeance redoutable pour donner une leçon à son mari. Elle décide ni plus ni moins de quitter le domicile conjugal et de se présenter à l’élection municipale, face à Guillaume. A son programme « le plein emploi, le plein emploi, le plein emploi », elle oppose un programme de Défense de la nature qui risque bien de faire des ravages.

Une petite réplique pour vous :

Guillaume : Je peux pas dormir…

Bernadette : Tu n’as qu’à compter tes ouvriers !

Guillaume : 1 ouvrier, 2 ouvriers, 3 ouvriers, 4 ouvriers, 5 ouvriers….

Concernant le tournage en lui-même, on retiendra surtout l’émerveillement d’Annie Girardot face à Louis de Funès et qu’elle raconte dans son autobiographie « Partir, revenir » « On m’avait dit, tu verras, il n’est pas commode, le bonhomme. Je pensais qu’il devait se prendre pour le nombril du monde, le plus grand comique de sa génération, que sais-je encore… Et dire que j’aurais pu passer à côté de l’être le plus exquis uniquement d’après des rumeurs idiotes dont je devrais pourtant me méfier depuis le temps ! Louis de Funès… Presque un monument national ».

Le saviez-vous ? Jean Pierre Mocky a assigné Fechner pour plagiat, s’estimant pillé d’un scénario intitulé « Le boucan » qu’il avait lui-même écrit. Mocky témoigne « La justice a retenu 108 points entre mon scénario et celui signé Jardin (…) (NDLR Jardin est le scénariste de La Zizanie) » Le 30 septembre 1977, la première chambre de la cour d’appel de Paris a même interdit toute publicité ainsi que la saisie du film. Néanmoins la saisie a par la suite été levée par le TGI de Paris en raison du préjudice financier énorme qu’aurait occasionné la non-sortie du film.


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