Jo

Film Jo De Funès

Auteur à succès, Antoine Brisebard (Louis de Funès) est aux prises avec Jo un maître chanteur inquiétant qui le menace de faire éclater au grand jour des secrets de famille peu reluisants. Effrayé à l’idée d’un scandale public, Antoine opte pour une solution extrême : supprimer Jo. Pour cela, il prétexte l’écriture d’une nouvelle pièce – policière cette fois-ci – et demande conseil à divers spécialistes pour commettre un crime parfait.

Lorsque Jo pénètre dans sa résidence pour récupérer son magot, Antoine perd ses moyens et le tue accidentellement. Dans la panique, il décide de l’enterrer dans son jardin, sous un kiosque, mais faire disparaître un corps n’est pas si facile, surtout lorsqu’on a un inspecteur collant (l’inspecteur Ducros, joué par Bernard Blier), collé à ses basques.

Une chose est certaine, l’envie de Louis de Funès de participer à ce nouveau film réalisé par Jean Girault devait être bien grande pour qu’il accepte d’incarner à l’écran un criminel. Catholique convaincu Louis de Funès ne souhaitait pas sortir du chemin exigu de la moralité, raison pour laquelle il se refusait par exemple à jouer le rôle d’un mari adultère. Le Louis de Funès meurtrier est donc très rare dans ses films même s’il se dérobe parfois à la règle qu’il s’est lui-même imposée (dans Fantômas par exemple le commissaire Juve transgresse allègrement ce principe).

Sorti en 1971, Jo est accueilli par la critique assez tièdement. Le film réunit une fois de plus toute la clique de Louis de Funès : Claude Gensac, Paul Préboist, Michel Galabru …

La présence inattendue d’un mort dans le film donne au spectateur une anxiété tout aussi inattendue. Pour la première fois dans un De Funès on craint de voir notre héros finir au trou et on surveille l’inspecteur Ducros le souffle court en espérant très fort qu’il ne coince pas Brisebard. Mais malheureusement Ducros a l’œil et le bon…

Un petit extrait pour vous remettre dans le bain :

  • Sylvie : Le rideau de la douche, c’est toi qui l’as enlevé ?
  • Antoine : Ah non. Ah non !
  • Sylvie : Ben alors, où il est ? Qu’est-ce que t’en as fait ?
  • Antoine : Ah ben, je l’ai donné. Je l’ai donné.
  • Sylvie : Tu l’as donné ? A qui ?
  • Antoine : Ben je l’ai donné… Je l’ai donné à un pauvre.
  • Sylvie : A un pauvre ?
  • Antoine : Un pauvre. Il était là, il passait… Y avait pas de vieux vêtements chauds…
  • Sylvie : Et tu lui as donné le rideau de la douche !
  • Antoine : Le rideau de la douche. Alors comme il pleuvait, alors je me suis dit…
  • Sylvie : Qu’est ce que tu t’es dit ?
  • Antoine : Ca va peut-être lui servir d’imperméable. Il se l’est mis sur la tête, il est parti en claudiquant par là-bas.

Le saviez-vous ? La scène du canapé mettant côte à côte Bernard Blier et Louis de Funès et permettant à Blier d’être systématiquement beaucoup plus grand que de Funès a nécessité la mise en place d’un mécanisme particulièrement onéreux : 250 000 francs de l’époque soit environ 40 000 euros.


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