Papa Schultz

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Jawhol Herr Komandant !

En voici une série culte des années 80 ! Crée en 1965 et diffusée sur CBS, nous l’avons découvert en 1987 pour la première fois en France sous le nom de Papa Schultz et elle a été rediffusée à partir de 1991 sur M6. C’est bien sûr à ce moment que je me fendais la poire devant. Je vous situe l’action : elle se passe en Allemagne en 1942 dans un camp de prisonniers de guerre appelé le Stalaag 13. Dans le camp cohabitent les « gentils » prisonniers et les « méchants » nazis qui les surveillent. Mais comme on s’en rend compte rapidement, les prisonniers vont et viennent à leur guise et le colonel Hogan, leur chef, fait la pluie et le beau temps. Laissez-moi vous présenter les personnages !

Le colonel Hogan, officier sénior de l’armée de l’air américaine, est le plus ancien au camp et il le connaît comme sa poche. Il a ses entrées partout donc il a toujours les informations en avant-première. Il est aussi très rusé et sait manipuler les chefs en les flattant. Il adore plus que tout jouer des tours aux nazis. Par exemple, voler un char d’assaut ou détourner un convoi de lingots d’or et le cacher juste sous leur nez ! Très inventif pour contourner le règlement, il a toujours des petites remarques insolentes et ironiques. Pour ne rien gâcher, Hogan est bourré de charme et aucune ne lui résiste !

Le caporal anglais Newkirk, aussi prisonnier, est « celui qui a de l’éducation ». Très intelligent et un brin artiste, il maîtrise l’enfumage en se déguisant en femme ou jouant différents personnages, il joue aussi très bien aux cartes. C’est le bras droit idéal pour le colonel Hogan.

Le caporal français LeBeau est… une caricature. En effet, il dégotte toujours à manger ou à boire, cuisine pour la bande et de temps en temps nous lâche des perles (insultes) en français dans le texte ! Il peut aussi tailler les costumes dont la bande a besoin pour se déguiser. Le sergent Kinch joue un rôle crucial car il est en charge des communications et réceptions radio et télégraphes, il peut écouter les conversations téléphoniques du Colonel ! Ni vu ni connu, son récepteur radio est planqué dans la cafetière.

serie Papa Schultz

On remarque que chaque nationalité est représentée et que tout le monde en prend pour son grade ! Hum, bien que les américains s’en sortent plutôt bien : le colonel Hogan, interprété par le sexy Bob Crane, est irréprochable !

La bande, plutôt ingénieuse, a réussi à transformer leur baraquement en une véritable forteresse : leurs lits s’ouvrent sur des trappes secrètes et la porte du baraquement coulisse pour servir de garage ! Ils ont même creusé un tunnel de leur cellule jusqu’à l’extérieur du camp. Les gardes ? Des passoires ! LeBeau a réussi à amadouer les chiens censés surveiller le camp qui lui mangent dans la main ! Hogan a donc un véritable QG dans lequel il dirige ses opérations d’espionnage.

Le personnage le plus populaire de la série et celui pour qui on se prend tous d’affection, c’est « le père Schultz » ! Voilà un commandant qu’aucun des prisonniers ne craint réellement. Avec son air niais et son énorme bedaine, c’est un balourd maladroit un peu fayot au grand cœur. Le sergent Schultz est chargé de surveiller les prisonniers pour qu’il respecte la discipline et ne s’échappe pas mais… il est totalement incompétent à cette fonction!

colonel schultz

Il découvre presque toujours les manigances du colonel Hogan mais il n’a pas le courage de les balancer à son chef. Comme il aime à le répéter, il n’a rien vu ni rien entendu ! l

Le Colonel Klink, commandant du camp, terrorise complètement Schultz à tel point qu’il pousse des petits cris perçants quand il sent qu’il va se faire gronder. Il le sait, si l’un des prisonniers du camp arrive à s’échapper, il sera envoyé sur le front russe. Et le front russe, c’est la pire des punitions, on ne le souhaiterait même pas à son pire ennemi. Ce n’est pas la quille du tout ! Donc, tous les matins, Schultz fait l’appel en tremblant qu’il manque un prisonnier!

colonel klink

Dès qu’il aperçoit le colonel, Schultz se met au garde à vous et balance son célèbre « Jawohl, Herr Kommandant ! ». Le colonel adore répéter à qui veut l’entendre que personne ne s’est jamais évadé du Stalaag 13. (S’il savait !) Il a très peur des rapports de Berlin (prononcez « Bèèrliiine ») car il essuie beaucoup de brimades de son général à cause des bêtises de Hogan et sa bande.

Dans cette série, les nazis ont un fort accent allemand assez ridicule qui m’a beaucoup marqué personnellement. Blague à part, on ne dira jamais assez à quel point cette série est un véritable cours d’allemand à elle toute seule. Pour le « Schnell Schnell ! » et le « Jawhol Herr Kommandant » (prononcez « yafôôl »). Grâce à Papa Schultz et ma prof d’allemand du lycée feu Mme Wagner, je maîtrise à la quasi perfection l’accent teuton. J’essaye souvent de placer « Essspèsse d’imbéZil » dans une conversation et mon accent lui donne du poids. C’est très facile finalement : il suffit de zozoter ou de chochoter pour les –s , exemple « perfezion » ou « C’est une unité très szzpéchiale », prononcez les –g comme « gué », exemple : « Oui mon Guénéral ». Et n’oubliez pas de rajouter tous les –e très lourdement à la fin de chaque mot. Vous êtes prêts !

Pour finir en beauté, on se repasse l’excellent générique de la série : une petite marche militaire qui se laisse siffloter. Sur un roulement de tambour très officiel, le général arrive en trombe au camp et les prisonniers sortent pour l’appel. Le colonel Hogan sourit en pensant à son dernier méfait (et il ne se fait jamais prendre !). Le colonel Klink se met au garde à vous, et sur ce, le Sergent Schultz avec son air benêt satisfait lui annonce que tous les prisonniers sont bien là ! Jawohl !

Merci à Véronique pour ce souvenir.


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