Shurato

shurato

De son titre original, Tenkû senki Shurato débarque dans le club Dorothée à la fin de l’année 1991. Le succès des Chevaliers du Zodiaque avait convaincu AB productions, distributeur, de poursuivre dans la même veine avec d’autres séries du même type, d’abord avec les Samouraïs de l’éternel, puis avec Shurato ; le filon du dessin animé mettant en scène des groupes de héros dotés d’armures est potentiellement une poule aux œufs d’or. Comme toutes ses consœurs, cette œuvre est à son tour censurée en France. Non seulement des scènes sont abusivement coupées, des noms sont abusivement coupées, des noms sont changés, la trame elle-même est modifiée. A force de vouloir adapter à la sauce Française, on a gâché à l’époque une superbe œuvre qui s’est finalement perdu dans les méandres de l’incongru. Car l’intrigue s’inspire grandement de la mythologie hindoue et notamment des Rig veda, collections de textes en sanscrit écrits aux alentours du douzième et treizième siècle avant Jésus-Christ. Cette adaptation sauvage entraînera un succès mitigé, et pour cause, la série disparaît rapidement du petit écran et n’aura pas franchement marqué le grand public.

Le roi des lions est dans la place !

La trame de la série se situe en 1989, deux jeunes gens, Gai Kuroki ou Nordine en français et Shurato Hidaka dont le nom de famille sera remplacé par Henrick, s’affrontent en phase finale du championnat junior d’arts martiaux. Ils sont amis d’enfance, de force quasi égale, et ce tournoi devrait définitivement les départager. Lors du combat, la déesse Vishnu, les fait venir sur le monde Céleste. Chacun a été réincarné dans l’un des huit membres de la famille divine de Deva, les Hashibushu. Les autres membres des Hashibushu sont depuis fort longtemps sur le monde céleste. On y découvre ainsi des rois animaux, Hyûga, le roi Tigre, Ryôma, le roi Dragon, Renge, la reine des Licornes seule femme du groupe, Reiga le roi Phénix, Kûya le roi serpent et Dan le roi Rhinocéros. Ces guerriers célestes ont pour raison d’être la garde rapprochée de la déesse et du monde céleste. Celui-ci se voit en péril car la famille divine d’Asura est sur le point de revenir. Les deux familles Deva et Asura s’affrontent depuis des millénaires et comme la date anniversaire approche, la déesse a fait revenir auprès d’elle tous ses guerriers. Ce préambule, de prime abord classique, s’avère plus dramatique, car Indra, le commandant en chef des armées, trahit la déesse et les braves. En effet, seul Shurato devenu le roi Lion, Hyûga et la déesse Lakshu ou Syrielle pour les intimes, ont découvert le pot aux roses. Ils deviennent les boucs émissaires de Indra et les traîtres tout désignés. Ils seront bientôt rejoints par Ryôma et Reiga. Ce groupe de cinq jeunes gens doit coûte que coûte rétablir la vérité et rendre à la déesse Vishnu sa forme originelle. Le monde céleste et la Terre étant liés, si la sphère céleste va mal, la Terre va mal aussi.

shurato-personnages

Divinations hindouiste !

Sans révéler davantage l’intrigue, nous allons nous attarder sur la mythologie ayant inspiré ce sympathique shonen.car ces personnages en armures ne sont pas sortis de la forge de Vulcain. Pour les asiatiques, le paradis comme l’enfer sont stratifiés. Ainsi, plus la sphère dans laquelle on se trouve est élevée, plus l’âme est pure et inversement, plus on est près du sol, plus on a de fautes à expier. Par ailleurs, les Deva sont les êtres ordinaires peuplant la sphère céleste. Dans Shurato, ils sont assimilés aux dieux, tandis que les Asura sont des divinités inférieures et bienfaisantes de la nature. Ils sont traditionnellement les anti-dieux des mythes védiques et brahmiques, les ennemis éternels des Deva. Tout se complique avec les Hashibushu. Les huit Hashibushu désignés comme les huit guerriers célestes de Vishnu s’inspirent de différents mythes. Ils désignent l’une des huit classes d’êtres surnaturels dont les Deva forment la première classe. Par ailleurs, on peut aussi dire que Bouddha aurait converti huit démons pour en faire les gardiens du paradis. Ou bien encore, que ceux-ci sont nommés les huit parties du dragon. Les parties s’apppellent Ten, Ryu, Yasha, Gandharva, Kimnara, Karura et Magoraka. Enfin, pour le dernier membre, il s’agit d’Ashura. Dans les textes, il porte l’épée qui se nomme « Shura-tô ». Shurato est donc l’incarnation de l’épée d’Ashura. L’ensemble des parties se complètent et ne forment qu’une seule entité. Quant au chiffre huit, il caractérise le bonheur ; on peut le retrouver dans de nombreux mythes chinois et japonais. Le général Indra de l’anime est le dieu suprême dans les Veda. C’est une sorte de Zeus hindou représenté fréquemment en train de combattre les Asura. Par la suite, il occupe une place secondaire dans le panthéon et devient le Deva le plus puissant du Kamadhatu ou monde des désirs. Dans Shurato, Indra est aux ordres de la déesse Vishnu, qu’il finira par trahir pour les Asura. C’est lui qui la transforme en pierre et qui manipule les Hashibushu les uns contre les autres. Lakshi est considéré par les japonais comme la déesse de la beauté et du mérite, elle est l’épouse de Vishnu. Il est amusant de noter que dans Shurato, Vishnu apparaît sous les traits d’une femme. Vishnu est une des trois déités de la Trinité Hindoue, après Brahmâ le créateur et Shiva le gardien de l’ordre cosmique. Vishnu est quant à lui chargé de protéger et sauvegarder l’univers. De plus, les armures se nommant Shakti signifient force ou puissance. Elle désigne l’épouse de Shiva, l’incarnation dynamique du dieu.

shurato-serie-animee-80

Shurato dans la tradition des grands !

Le dessin animé reprend tous les ingrédients de la série épique classique qui faisaient loi dans les années 80/90, des héros très typés, une déesse ou une belle à sauver, une force physique et mentale incroyable et bien entendu, le fameux dépassement de soi est de vigueur. N’oublions pas les rebondissements extraordinaires, mais toujours vraisemblables. Cependant, loin du héros rampant par terre, parce qu’il s’est pris une raclée par le gros méchant pour mieux revenir en force, les auteurs de Shurato se sont davantage concentré sur la psychologie des personnages et en particulier sur les sentiments de l’amitié, l’amour et la fidélité. Cette série de 38 épisodes est très riche et rès condensée. Ce bijou de la Tatsunoko est réalisé par Mizuho Nishikubo connu pour avoir travaillé sur Vidéo Girl Ai, sur une idée Satoru Akahori qui a œuvré sur Saber Marionnette. Le tempo action/révélation est bien tenu, la musique signée par Hiroya Watanabe, ravira les vieux fans sans pour autant décevoir les plus jeunes.

Il n’est nul besoin d’être un virtuose des Rig Veda pour apprécier Shurato. Cette série compose le fameux triumvirat avec les Chevaliers du Zodiaque et les Samouraïs de l’Eternel ; et elle mérite d’être redécouverte par les fans de japanimation. De plus, c’est l’une des rares séries qui a le mérite d’intéresser le spectateur à la mythologie hindoue en dehors du manga à succès des Clamp RG Veda.

Générique – Shurato (Bernard Minet)

  • menelik
    Publicité chocolats Treets
    yes
    tang
  • menelik
    Publicité chocolats Treets
    tang
    yes
  • Loading Facebook Comments ...

    Laisser un commentaire

    Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

    Merci de compléter le CAPTCHA. * Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.

    ↓